Les metiers de la mine
Le vocable de mineurs recouvre une multitude de métiers qui vont évoluer au fil du temps avec la mécanisation des chantiers, l'apparition de nouvelles technologies. Il y a peu de comparaison entre la mine de 1910 et la mine de l'ère de l'informatique, de l'électronique, des microprocesseurs… Des métiers disparaissent, d'autres naissent, au fur et à mesure de l'évolution des techniques.
Au jour
Les métiers du jour couvrent toute la palette des artisans : menuisiers, ébénistes, forgerons, mécaniciens, électriciens, maçons… L'évolution des techniques fera apparaître les électroniciens, techniciens en contrôle et régulation, informaticiens.A l'exploitation, les métiers sont également variés : klaubeurs, rondiers, préposés aux salles de commande, conducteurs d'appareils chimiques…
Les employés étaient nombreux pour couvrir toutes les activités annexes à l'exploitation : secrétariat, achats, service chemin de fer, transports, bureaux d'études, géomètres, comptabilité, bureaux de paye, infirmeries, médecine du travail…
Au fond
Comme au jour, les métiers du fond vont suivre les progrès technologiques.Au début de l'exploitation, les conditions sont particulièrement difficiles pour les mineurs, boiseurs, chargeurs (à la pelle), foreurs (à la main), conducteurs de locomotives (après avoir conduit des chevaux)…
Les artisans électriciens et mécaniciens font progressivement leur apparition.
C'est surtout après la seconde guerre mondiale, avec la mécanisation de plus en plus poussée des chantiers, que le métier va changer de façon importante. Les mineurs deviennent des conducteurs d'engins multiples et variés : haveuses, chargeuses, camions, perforatrices, boulonneuses, tracto-chargeurs, engins de transport de personnel, machines à tracer…
Les artisans vont devenir électromécaniciens, diéselistes, électroniciens, frigoristes, maîtrisant des techniques de plus en plus sophistiquées, n'ayant rien à envier à celles mises en œuvre au jour.
A l'interface fond-jour, les machinistes, signaleurs et lampistes tiennent des postes de sécurité essentiels pour les mineurs du fond.
La hiérarchie
Entre l'ingénieur et l'ouvrier, les niveaux hiérarchiques étaient relativement nombreux, en raison de la dispersion des chantiers et de l'activité en continu.Au fond, chefs d'équipes, porions, chefs-porions, chefs de postes, chefs de quartiers, géomètres, autant de métiers permettant d'encadrer des chantiers dispersés sur des centaines de kilomètres de galeries et 24 heures sur 24 en semaine.
Au jour, chefs d'équipes, contremaîtres, chefs contremaîtres, en nombre plus restreint, assurent l'encadrement d'ateliers et d'installations très nombreuses.
Les effectifs
A la fin de la période allemande, en 1918, les Mines comptent 3 400 inscrits. L'effectif ouvrier inscrit va passer à 6 500 en 1924 et plus de 11 000 en 1930. Le maximum sera atteint avec la deuxième phase de développement après la fin de la seconde guerre mondiale : 13 880 inscrits en 1948.Questions / Réponses
D'où vient le qualificatif de porion ?
Le porion est l'équivalent au fond du contremaître au jour. Quant à l'origine du mot, plusieurs versions sont données par les spécialistes. La plus courante, à connotation très négative, vient du Nord et fait dériver porion de poireau. Selon une autre étymologie, le mot viendrait de caporion, emprunté à l'italien "caporione", chef d'équipe ou chef de bande.
Que signifie mineur d'about ?
Les mineurs d'about sont les mineurs spécialisés dans l'entretien des puits. L’origine de cette dénomination viendrait de la tâche qui consiste à assembler les guides dans le puits : la mise bout à bout de ces pièces de bois qui guident les cages ou les skips.
Qu'est-ce qu'un klaubeur ?
A la sortie du moulin, le minerai extrait du fond et broyé est convoyé vers l'usine de traitement. Il contient encore de nombreux corps étrangers. Le klaubeur était chargé d'enlever ces matériaux et objets indésirables au passage sur le convoyeur en marche.
