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Les rejets au rhin

Les raisons des rejets au Rhin

Comme tout exploitant de minerai de potasse, les MDPA ont été confrontées à un problème de rejet des sous-produits de l’extraction.

Le minerai potassique alsacien, la sylvinite, se présente sous forme d'un mélange de chlorures de potassium et de sodium, avec des intercalaires de marnes argileuses, et une prépondérance du chlorure de sodium.

Ce chlorure de sodium peut être en partie valorisé comme sel de déneigement, mais il ne peut concurrencer, au point de vue pureté, le sel marin ou le sel de saline, et l'essentiel doit être traité comme un sous-produit.

Les exploitants miniers de potasse traitent ce problème en fonction des différentes conditions locales ; les principales solutions appliquées sont :

  • Redescente dans la mine pour remblayage ou stockage en galeries, quand le gisement et la méthode d'exploitation le permettent
  • Mise en terrils
  • Dissolution et injection en couches géologiques profondes
  • Rejet sous forme de saumure dans un cours d'eau, si le débit de ce cours d'eau le permet, ou directement dans la mer pour certaines mines proches du littoral.
Aux MDPA, la méthode d'exploitation a été mise au point en fonction de la configuration du gisement, des problèmes de pression de terrain, de la présence de grisou et du gradient thermique très élevé (1°C tous les 24 mètres).

Cette méthode exclut tout remblayage.

A l'origine, à partir de 1910, tous les sous-produits étaient mis à terrils à proximité des mines, y compris le chlorure de sodium.

Les teneurs de sel dans le Rhin

La solution des rejets au Rhin via le SAUMODUC peut apparaître comme un simple déplacement du problème de pollution. En réalité, ce problème change fondamentalement de dimension, en raison des dilutions bien plus importantes, obtenues grâce au débit du fleuve, puisque le sel ne constitue pas en soi, un élément toxique ou polluant et que seules les concentrations excessives entraînent des problèmes de consommation et d'utilisation de l'eau.

Il faut retenir que les normes de qualité s'appliquant à l'eau pour les teneurs en ion chlore (Cl-) dépendent de la destination de l'eau.

  • pour l'eau potable, l'Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) fixe à 600 mg/litre Cl– la limite à ne pas dépasser. C'est le seuil du goût salé.
    En France, cette limite est fixée à 250 mg/l Cl–
  • pour l'eau destinée à l'agriculture et à l'élevage, l'O.M.S. fixe la limite à 1000 mg/l Cl–
    pour la consommation du bétail. Pour l'irrigation et l'élevage, les valeurs limites admises sont de 1000 mg/l pour certaines cultures, de 500 à 600 mg/l pour l'ensemble de l'agriculture et de 200 à 300 mg/l pour l'horticulture.

Les rejets au Rhin des MDPA, se font uniquement dans le grand canal à l'aval de la centrale hydroélectrique de Fessenheim. Un contrôle mensuel de l'eau du Rhin, à Rhinau affiche des teneurs en chlorure bien en deçà du seuil de potabilité.

Une affaire internationale

Le problème du sel dans le Rhin a toutefois pris peu à peu une dimension internationale très importante, au même titre que les polluants chimiques en raison de la très grande sensibilité des Pays-Bas à cette question primordiale pour ce pays confronté à la salinité de la mer dans les terrains des polders, et pour qui le Rhin constitue l'essentiel de l'approvisionnement en eau douce.

Aussi, dès 1952, une Commission Internationale de Protection du Rhin (C.I.P.R.) a été créée par les pays riverains (Suisse, France, Allemagne, Luxembourg et Pays-Bas) pour traiter des problèmes de pollution, avec une sous-commission pour la question du sel.

Les travaux de cette commission ont abouti à la signature, le 3 décembre 1976, de la Convention de Bonn, qui comprenait deux dispositions principales :

  • La limitation des rejets industriels importants à des valeurs fixées. Les principaux rejets, outre ceux des MDPA limités dans ce texte à 130 Kg/s Cl– (130 kilogrammes par seconde d'ions Chlore) provenaient des industries chimiques suisses, allemandes, et françaises, des soudières (production de carbonate de sodium avec rejet de CaCl2) lorraines sur la Moselle et des mines de charbon de la Ruhr.
    Les rejets des MDPA s'élevaient alors à environ 35 % de la charge totale en Cl– pénétrant aux Pays-Bas.
  • La seconde disposition, prévoyait une réduction des rejets en France et notamment en Alsace de 20 kg/s Cl- dans un premier temps et de 40 kg/s par la suite. Une des solutions envisagées consistait à injecter la saumure en couche géologique profonde à – 2000 mètres.
    Cette opération devait être mise en œuvre grâce à une organisation et un financement collectif entre les Pays-Bas, l'Allemagne, la France et la Suisse.

    Une opposition catégorique à cette solution s'est faite jour en Alsace et a conduit à l'abandon du projet.
    La réduction de 20 kg/s a été mise en œuvre par l’arrêt d’une soudière en Lorraine (5 kg/s) et le stockage provisoire de sel sur aire étanche aux MDPA limitant les rejets à 115 kg/s dès 1987.

    La seconde phase devait consister pour la France, aux MDPA, à procéder à une réduction supplémentaire de 40 kg/s. Ces dernières dispositions ont été modifiées par le protocole additionnel à la Convention de Bonn, signé le 25 septembre à Bruxelles, qui prévoyait :

    • La réduction des rejets salins aux Pays-Bas, par déviation vers la Mer du Nord des saumures de désalinisation d'un polder.

    • Des stockages provisoires modulés de sel sur aire étanche aux MDPA, pendant les périodes au cours desquelles le risque de dépassement de la valeur guide de 200 mg/l pour la teneur en chlorures des eaux du Rhin à l’entrée en Hollande existe en raison du niveau hydraulique du fleuve de 1992 à 1998. L’ordre était donné par la CIPR en fonction des relevés opérés à l'entrée des Pays-Bas. Le déstockage ultérieur était prévu en respectant un niveau de rejet diminué de 40 kg/s à partir de 1999, soit 75 kg/s.
Cette dernière mesure règle définitivement les problèmes de chlorures dans le Rhin.

Les rejets au Rhin en 2008

En 2008, les seuls rejets de saumure par les MDPA dans le Rhin, proviennent de la désalinisation de la nappe phréatique et de la dissolution accélérée des terrils.

En 1987, les MDPA rejetaient 114,8 Kg Cl– par seconde. En 2008, ce chiffre est porté à 7 Kg Cl– par seconde. Les estimations pour 2009 sont de 4 à 5 Kg Cl– par seconde.

Questions / Réponses

Questions / Réponses

Que sont devenus les tas de sel Convention de Bonn ?

A l'expiration de la période de stockage, les tas ont été éliminés par dissolution accélérée et renvoyés vers le Rhin, avec la même méthode que celle employée pour les terrils. Les couvertures étanches sont démantelées et le terrain rendu propre pour une autre utilisation.

Zoom en images

Zone Bonn Marie-Louise

Zone Bonn Marie-Louise

Zone Bonn Marie-Louise

Zone Bonn Marie-Louise

Zone Bonn Amélie

Zone Bonn Amélie

Dissolution du tas Convention de Bonn Amélie

Dissolution du tas Convention de Bonn Amélie

Le circuit des rejets au Rhin

Le circuit des rejets au Rhin